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Quand tenir cesse d’être de la résilience

  • 30 janv.
  • 3 min de lecture

Pendant longtemps, on nous a appris que tenir était une force.Que continuer malgré la fatigue était une preuve de caractère.Que savoir encaisser faisait partie de la maturité, du professionnalisme, voire du leadership.

Et pourtant.

Dans beaucoup des parcours que je rencontre — et dans le mien aussi —ce n’est pas le manque de volonté qui mène à l’épuisement,mais l’excès d’adaptation.

Cette semaine, j’aimerais élargir la perspective.Non pas pour enlever toute responsabilité personnelle,mais pour sortir d’une lecture réductrice et culpabilisante du burnout.

Parce que non, tout n’est pas dans ta tête.


Commencer par l’individuel… sans s’y enfermer

De nombreuses personnes en situation de burnout partagent des caractéristiques communes.

Pas parce qu’elles sont fragiles.Mais parce que certains traits, dans des contextes précis, deviennent des facteurs de risque.

Le perfectionnisme.Le sens aigu des responsabilités.La capacité à s’engager profondément.

Des phrases comme :

  • « Si je ne le fais pas, personne ne le fera correctement. »

  • « Je peux encore tenir, même si ça me coûte. »

Ces phrases racontent rarement une faiblesse.Elles racontent souvent une histoire d’engagement, de fiabilité, de loyauté.

Le problème n’est pas d’avoir ces traits.Le problème est de les mobiliser sans limite, dans des environnements qui les sollicitent sans offrir de contrepoids.


Quand le contexte devient un accélérateur d’usure

C’est ici que la lecture uniquement individuelle montre ses limites.

Car beaucoup de contextes professionnels actuels combinent plusieurs éléments à risque :

  • des exigences élevées, mais des attentes floues

  • des rôles à forte responsabilité, avec peu de marge de décision réelle

  • une disponibilité constante implicitement attendue

  • un manque de reconnaissance tangible

  • une charge invisible : émotionnelle, mentale, logistique

  • un décalage entre les valeurs affichées et ce qui est réellement récompensé

Pris isolément, chacun de ces éléments est déjà exigeant.Ensemble, ils forment une dynamique d’usure profonde.

Dans ce type de contexte, la personne ne « craque » pas.Elle s’adapte.


Là où la rupture devient intérieure

Du point de vue d’ALFA Inside, il existe un moment clé, souvent silencieux.

Ce n’est pas quand la personne est fatiguée.Ce n’est même pas quand elle doute d’elle-même.

C’est quand, pour continuer à tenir son rôle,elle commence à s’éloigner de ce qui compte réellement pour elle.

Elle continue à répondre aux attentes.À fonctionner.À produire.

Mais elle cesse progressivement de s’écouter.

Ce n’est plus seulement du stress.C’est une perte de cohérence interne.

Et lorsqu’elle se prolonge, cette rupture a un coût psychique important.

Pourquoi travailler uniquement “sur soi” ne suffit pas

Parce que cela permet parfois de mieux tolérer…un système qui reste inchangé.

On apprend à respirer.À mieux gérer son temps.À encaisser avec plus de techniques.

Mais le contexte, lui, ne se transforme pas.On gagne du temps.Souvent, au prix de soi-même.

Travailler uniquement sur l’individuel peut améliorer l’adaptation.Mais cela ne prévient pas toujours le burnout.


Tenir n’est pas de la résilience

Voici le point inconfortable.

Tenir n’est pas de la résilience.

La résilience n’est pas la capacité à supporter toujours plus.Ce n’est pas s’endurcir.Ce n’est pas se taire.

La résilience, au sens psychologique, implique la capacité à s’adapter tout en préservant son intégrité.Elle inclut la flexibilité, l’ajustement, la récupération.

Tenir sans marge, sans sens et sans possibilité de régulationn’est pas une force.C’est un facteur d’usure.

Et glorifier ceux qui tiennent le plus longtempsn’est pas une culture de l’effort.C’est une culture de l’épuisement.


Changer de regard change la manière d’intervenir

Quand on élargit la lecture, quelque chose se déplace.

La question n’est plus seulement :« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »

Elle devient :« Que se passe-t-il dans la relation entre moi et mon contexte ? »

Cela ne retire pas la responsabilité personnelle.Cela la redistribue de manière plus juste.

Et cela ouvre la voie à des accompagnements plus efficaces,plus humains,et surtout plus durables.


La perspective ALFA Inside

Chez ALFA Inside, il ne s’agit pas d’aider les personnes à fonctionner à tout prix.

Il s’agit de leur permettre de :

  • retrouver du discernement interne

  • cesser de se culpabiliser pour s’être adaptées

  • et réapprendre à se diriger de l’intérieur, même dans des contextes exigeants

Non, tout n’est pas dans ta tête.Mais il y a beaucoup à reconstruire depuis l’intérieur,quand l’accompagnement tient compte de l’ensemble du système.

La semaine prochaine, nous clôturerons ce cycle par une question essentielle :comment intervenir, et à partir de quels cadres, lorsque l’usure est déjà installée.

À suivre.

ClemALFA Inside

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